Prématurés : conditions de sortie de l’hôpital

La sortie de l'hôpital est souvent vécue par les parents comme une seconde naissance assortie d'un moment de doute.

La sortie de l'hôpital est très attendue par les parents.
Votre bébé sera désormais "rien qu'à vous". Vous n'aurez plus à demander l'avis du personnel médical pour tous les gestes de la vie quotidienne.
Une aventure nouvelle commence.

Si cette liberté d'entrer dans votre nouveau rôle de parents, une pointe de doute et d'angoisse subsiste.

Plusieurs conditions doivent être réunies pour que les médecins signent la sortie de votre bébé né prématuré voie grand prématuré :
- votre bébé doit être capable de s'alimenter seul
- Sa fréquence cardiaque et respiratoire doivent être stables
- votre bébé doit être capable de réguler sa température
- Il ne doit souffrir d'aucunes infections
- Vous devez être prête à accueillir votre bébé

 

 

 

Manque d’informations pour les parents de bébés prématurés

Une enquête internationale soutenue par "European Foundation for the care of newborn" a mis en avant une certaine méconnaissance de la prématurité par les parents.

Selon L'OMS, un bébé est considéré comme prématuré s'il naît avant la 37è semaine semaine d'aménorrhée et grand prématuré s'il nait avant la 32è semaine d'aménorrhée.
Un grand prématuré sera de fait plus fragile.

Alors que le nombre de naissances bébés prématurités ne cessent d'augmenter notamment chez grands prématurés, une enquête internationale conduite dans 19 pays dont la France soulève une méconnaissance des parents sur la prématurité.

Au cours de cette enquête 1949 parents d'enfants prématurés ou nés à terme ainsi que des futures parents ont été interrogés.
Il en ressort que :
- Une moitié seulement des pères et mères ont conscience de l'augmentation du risque d'infection selon le nombre de  visiteurs
- 44% des parents de bébés prématurés ont exprimé de la peur vs 28% des parents d'enfants nés à terme
- 28% des parents de bébés prématurés ont exprimé de la culpabilité vs 10% des parents d'enfants nés à terme
- 29% des parents de bébés prématurés ont exprimé de l'impuissance vs 13 % des parents d'enfants nés à terme
En générale, le manque d'informations, de réponses est une récurante pour 62% des parents interrogés.
 


 

 

Prématurité spontanée vs prématurité induite

La prématurité est une naissance avant le terme normal de grossesse. Elle peut être spontanée ou bien induite.

Ces 10 dernières années le nombre de bébés prématurés n'a cessé de croître en raison d'une part de la hausse de la natalité et d'autre part du nombre important de grossesses multiples.
D'après les statistiques de l'Insee, 55.000 prématurés naissent chaque année en France. Parmi ces bébés un sur cinq est considéré comme un grand prématuré. Le taux de bébés nés grands prématurés a également fortement augmenté.

La prématurité
Une grossesse dure approximativement entre 40 et 41 semaines.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), "tout enfant né avant 37 semaines révolues d'aménorrhée (absence de règles) soit 8 mois de grossesse est considéré comme prématuré".
Les grands prématurés sont les bébés nés entre la 22è semaine et 32è semaine d'aménorrhée. Pierre Yves Ancel (coordonnateur de l'étude EPIPAGE2) rappelle qu'en dessous" de ce terme "c'est ce que l'on appelle les fausses couches"
Même si l'avancée de médecine permet de "sauver" ces bébés, le risque de complications et de séquelles demeure très important.

Naissance prématurée spontanée Vs naissance prématurée induite
La naissance prématurée d'un bébé peut être spontanée, lorsque la future maman va se mettre en travail prématurément ou bien induite lorsque les médecins décident d'arrêter la grossesse.
- Dans le cas des naissances prématurées spontanées, soit environ 60% des accouchements, la future maman débutent le travail vers le 5è ou 6è mois de grossesse. L'origine du début du travail n'est pas toujours connu. Les médecins optent pour une origine infectieuse ou une rupture de la poche des eaux.
- Dans le cas des naissances prématurées induites, soit environ 40% des accouchements, l'équipe médicale prend la décision d'arrêter la grossesse car la vie de la mère et/ou du foetus sont en danger.

Source : Inserm

Pour aller plus loin :
Comprendre la différence entre l'âge corrigé et l'âge réel

 

 

 

La gestion de la douleur du bébé prématuré

Jusqu’au début des années 1980, les médecins pensaient que les nouveaux nés prématurés étaient insensibles à la douleur du fait de l’immaturité de leur système nerveux. Fort heureusement, les choses ont bien changé.   

Jusque dans les années 1980, la douleur chez l’enfant étaient niée. Cette croyance vient d’une idée religieuse : ils sont innocents et ne peuvent donc pas ressentir la douleur.

Des chercheurs avançaient la thèse que le système nerveux de l’enfant était trop immature pour ressentir la douleur et qu’aucune mémorisation n’existait. Ils étaient opérés sans anesthésie et les soins médicaux douloureux réalisés sans analgésie, ni sédatif.  Cette croyance s’appliquait aussi au prématuré.

Difficile à imaginer tant une telle négation semble impensable !
 
Les médecins ont désormais pris conscience que l’immaturité du système nerveux des bébés prématurés ne les insensibilise pas à la douleur mais au contraire, les hyper-sensibilise.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde sur le fait que les bébés (nés à terme et prématurés) sont sensibles à la douleur et qu’il est important de la prendre en charge.

Cependant, le bébé prématuré est considéré comme immature sur le plan cérébral et donc également sur le plan de la douleur. En effet, son système nerveux, notamment le système inhibiteur de la douleur, n’est pas entièrement constitué.

En néonatalogie, les prématurés subissent beaucoup de soins qui sont vitaux mais douloureux.
Il existe donc, de nos jours, des traitements spécifiques pour soulager la douleur des prématurés tel que la crème Emla – une crème anesthésique locale, utilisable sur la peau lors de pose de KT par exemple – et l'administration orale de solutions sucrées.

 

Evaluation de la douleur du bébé prématuré

Depuis 1950, la prise en charge de la douleur est obligatoire. Les médecins doivent évaluer la douleur afin d’établir un diagnostic et donner un traitement antalgique efficace.

Mesurer la douleur est une tâche difficile. Une vingtaine de facteurs comme l’âge, le sexe, l’angoisse, le passé médical modifient le seuil de perception de la douleur qui devient ainsi un symptôme subjectif. Il est donc impossible de chiffrer de manière absolue la douleur mais il est possible de l’évaluer grâce à différentes échelles et questionnaires, plus ou moins fiables.

Pour les enfants de moins de cinq ans, le personnel soignant pose à l’enfant la question simple « as tu mal ? ».
Il demande parfois à l’enfant de dessiner une échelle de douleur et de placer sa perception de la douleur. Il existe aussi des réglettes de douleur qui sont beaucoup plus fiables chez les jeunes patients. Il peut ainsi facilement comparer l’intensité de sa douleur. Cependant ce résultat n’est pas fiable. Des observations comportementales sont donc réalisées sur le visage.

La douleur du bébé prématuré :
Pour évaluer la douleur d’un nouveau né prématuré, la tâche est plus difficile car l’évaluation de la douleur est plus subjective chez le prématuré que chez l’enfant : elle dépend de la perception de la douleur du personnel soignant. Elle doit aussi être effectuée plus fréquemment que chez un enfant ou un adulte car il n’est pas capable d’exprimer sa douleur, ni de la localiser.
Cependant, l’évaluation est primordiale car une douleur non traitée chez un prématuré peut entrainer un traumatisme psychologique dans sa vie future.

Les symptômes :
Les symptômes majeurs de la douleur chez le bébé prématuré sont les apnées (court arrêt respiratoire), les accélérations ou décélérations du rythme cardiaque, les crispations et les pleurs (selon l'âge du bébé prématuré et sa vitalité).

 

 

 

 

 

 

Le don de lait pour les bébés fragiles

Chaque année les lactariums lancent des appels aux dons pour les bébés les plus fragiles et particulièrement les bébés prématurés.

En France, seuls les lactariums sont habilités à recueillir, à traiter et à distribuer le lait maternel.

Donner son lait suit un protocole très particulier :
La santé des donneuses est vérifiée par le lactarium (dépistage sérologique) ainsi que la qualité bactériologique du lait avant et après la pasteurisation.
Le don est anonyme et ne peut être donné que par des mères qui en ont plus que besoin pour leur enfant. Ce don peut être effectué dans un lactarium proche de chez vous, à domicile ou dans certains hôpitaux.

De ce fait l'association des lactariums de France et la société de Néonatologie tirent la sonnette d'alarme et rappellent que l'échange de lait maternel entre mère est formellement interdite.

Les risques sont multiples. Il sont de l'ordre bactériens et peuvent provoquer entre autre septicémie et méningite chez le nouveau-né mais également un risque viral (Hépatite B, hépatite C, VIH …).
C'est pourquoi une pasteurisation bien effectué permet d'éliminer les bactéries et la plupart des virus et sécuriser le lait qui sera proposé aux bébés prématurés.

Malgré les campagnes aux dons lancés par les lactariums, les quantités recueillies sont à peine suffisante pour répondre aux besoins des bébés prématurés et nouveaux-nés fragiles.

Donner son lait est un geste généreux et très important pour le développement des bébés les plus fragiles.
 
Si tel est votre attention, n'hésitez pas à vous rapprocher des 19 lactariums en France.

Pour trouver le lactarium le plus proche de chez vous : voici la liste

 

Notre forum est là pour vous aider, n'hésitez pas à poser vos questions et apporter votre témoignage


 

Le sucre pour traiter la douleur des bébés prématurés

L’utilisation de solution sucrée chez les prématurés est un fait culturel ancestral.

Savez vous que le peuple Berbère du Haut Atlas utilise la succion de miel pour calmer les pleurs et l’agitation des très jeunes nourrissons ?

Dès les premières heures de la vie, le prématuré manifeste un contentement lorsqu’on lui propose une solution au goût sucré et qu’il rejette des solutions au goût amer ou salé. Tous les prématurés sont donc capables de distinguer de manière innée les solutions sucrées. Cette sensiblité est aquise dans l’utérus de la mère. Le goût sucré génère chez le nourison comme chez le fœtus, une sensation de plaisir.

Depuis 1991, l’administration de saccharose par voie orale pour réduire des douleurs dues aux soins chez le prématuré est reconnue. Elle permet nettement de diminuer la douleur et les pleurs lors de prélèvements capillaires.

Pour les prématurés en âge de téter et de respirer en même temps, l'infirmière verse la solution dans une tétine. L’administration de solution doit se faire lentement pour ne pas provoquer un risque de désaturation (manque d’oxygène).
Pour administrer la solution sucrée à un prématuré ne sachant pas téter, l’infirmière trempe son auriculaire dans la solution sucrée qu’elle a inséré dans la bouche du prématuré deux minutes avant le geste puis durant toute la durée du geste induisant une douleur.

Chez un bébé prématuré, la solution sucrée ne peut être administrée que 4 fois par jour.

 

 

 

Grands prématurés : un pari sur la vie

Des médecins en réanimation de néonatologie sont désormais capables de réanimer des très grands prématurés de 500 grammes. Mais à quel prix ?

Des bébés qui naissent à 25 semaines, des bébés de moins de 600 grammes, tel est le défi de l’unité de réanimation néonat de l’hôpital Robert Debré (Paris).

Les premières semaines de vie d’un très grand préma ne tiennent qu’à un fils et les parents vivent au jour le jour chaque petites avancées.

Le magazine « sept A huit » propose un documentaire très fort sur les très grands prématurés.
Leur naissance n’est pas sans danger et sauver ces petits bébés a prix.

Courage à tous ces parents qui se battent quotidiennement et sans relâche auprès de leur bébé.

Notre dossier pour mieux comprendre : Zoom sur les très grands prématurés

Voir le documentaire :ici

 

Vidéo : des liens qui unissent un prématuré à ses parents

Le réseau de santé Naitre et Devenir ainsi que l’association SOS Préma ont filmé un bébé prématuré lors de ses soins en néonatalogie.

 

 

Le film documentaire se déroule à Marseille.
On fait la connaissance d’un bébé prématuré lors de ses soins : soins des yeux, le lavage du nez, le bain, quelques petits massages et pour finir le peau à peau avec papa ou maman.
Ces moments sont excessivement forts. Une complicité s’installe dans un environnement très hostile et anti naturel.

Les parents sont invités à participer très tôt aux soins de leur bébé dès lors qu’il n’y a aucun danger pour le prématuré. Cette relation est plus que nécessaire dans la construction du lien parents/bébé prématuré.

Les gestes hasardeux des parents lors des premiers soins laissent très vite place à une prise en charge très naturelle de leur bébé et surtout un besoin de bien faire.

 

 

 

Liens utiles:

Réseau Naitre et devenir

Association SOS Préma

Notre forum sur la prématurité vous accueille et vous aide si vous êtes dans le doute, vous avez des questions et vous vous sentez bien seul(e)s.

 

La douleur chez le prématuré

La douleur du prématuré en néonatologie est encore un sujet sensible.

Longtemps, la douleur du bébé né prématuré n’était pas la préoccupation principale des équipes médicales qui pensaient, à tord, qu’il ne ressentait rien parce que le développement de son système nerveux n’était pas achevé. Seulement comme l’affirme, Isabelle Tremblay (doctorante en psychologie), « les prématurés qui naissent à 24 semaines de gestation ou plus sont très sensibles à la douleur ».

Dès la naissance d’un bébé prématuré, la perception de la douleur est en place. Toutefois, le système de modulation, reliant le cerveau, la moelle épinière et les membres n’est pas fonctionnel avant la fin de la grossesse.
«Cela veut dire que le prématuré peut ressentir la douleur sans pouvoir réagir adéquatement pour atténuer sa souffrance».

Selon une étude américaine sur 54 bébés nés entre 23 et 42 semaines de grossesse, il est établit que plus les nouveau-nés étaient prématurés, plus le nombre d’interventions douloureuses était élevé.

Lorsque la douleur influe sur le développement des bébés nés prématurés:
De simples soins, tel un changement de couches ou une stimulation lumineuse excessive peuvent devenir un facteur de stress ou de douleur. L’organisme dépense alors beaucoup d’énergie pour compenser ce mal être, ce qui peut avoir des répercutions tant sur le développement que sur la taille du bébé né prématuré.
Il est également important d’être vigilants quant au bruit. Les sons produits dans les salles de soins sont amplifiés à l’intérieur des couveuses. Un son moindre pour vous sera décuplé dans la couveuse.

Les mises à disposition pour aider le bébé prématuré à compenser la douleur
Les moyens utilisés actuellement par les équipes médicales restent : la suscion, l’administration de saccharose ou encore la méthode kangourou (méthode du peau à peau).

la douleur du bébé né prématuré