Récit de la naissance de Léonie à notre domicile à Montréal (Québec) |
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#1
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Bonjour, je mets mon récit d'accouchement ici, puisque j'ai accouché à mon domicile et que ça a eu lieu au Québec (je suis Française cependant). Je me suis dit que ça pourrait être intéressant de documenter l'AAD dans différents endroits du monde!
Récit de la naissance de Léonie… attendue le 9 septembre et née le 9 septembre ! Ceci est le récit de mon accouchement à domicile, avec ma sage-femme. Le jeudi 2 septembre, à 39 semaines tout pile, après un câlin avec mon chéri, les premières contractions douloureuses de ma grossesse apparaissent. Je préviens ma sage-femme que le travail a peut-être commencé et qu’il est possible que ce soit pour cette nuit. Elle me dit de surveiller l’augmentation d’intensité dans la douleur, qui sera le vrai signe du début de travail actif (et donc de la fin de travail actif). Mes contractions sont régulières aux 2 minutes pendant une bonne heure, puis elles passent aux 3 minutes l’heure suivante… pour venir s’espacer aux 5 minutes vers 1 h du matin et devenir de moins en moins douloureuses ! Grosse déception au réveil le lendemain : c’était une fausse alerte. Ma sage-femme me dit de prendre ça positivement : c’est déjà ça de travail que je n’aurai pas à faire le jour J. Mon chéri est mis à contribution tous les jours qui suivent : câlin après câlin, je connais des périodes de contractions légèrement douloureuses… qui finissent toujours par s’estomper. Le 8 septembre, la veille de ma date prévue, je craque, je pleure en me disant que ce bébé ne sortira jamais, et que je ne pourrai pas avoir mon accouchement à la maison, que tout ça va finir par un déclenchement à l’hôpital. Mon chéri m’aide à redevenir positive, moi qui ne me plains que rarement, et me demande de visualiser le bébé plutôt que la façon dont il sortira. Le lendemain matin, le 9 septembre, je commence donc ma journée du bon pied, en n’imaginant pas du tout que j’accoucherais cette journée-là ! Je fais quelques courses à la pharmacie le matin. L’après-midi, après un câlin avec chéri, je m’endors pour une petite sieste. Au réveil, vers 15 h 45, je ressens quelques contractions anarchiques et légèrement douloureuses, mais c’est encore du faux travail selon moi. Je propose à mon chéri d’aller chercher Mathilde, notre aînée, à la garderie et d’aller lui acheter des chaussures pour l’automne, parce qu’elle n’a que ses sandales à mettre et le temps est très changeant. À 16 h 15, on part pour le centre d’achat. Toujours des contractions. À 16 h 45, les chaussures sont achetées et on se promène dans le centre et quelques contractions commencent à me handicaper sérieusement pour marcher. Je suggère qu’on rentre à la maison au plus vite. Nous arrivons à 17 h 15 et chéri se met à la préparation du souper. Je reste sur le divan avec Mathilde à faire des câlins devant Toc Toc Toc. Vers 18 h, on passe à table, les contractions augmentent encore d’intensité, mais rien pour m’empêcher de vivre. On se demande s’il faut prévenir la sage-femme. Mon chum dit qu’on l’appellera après le coucher de Mathilde, vers 20 h (la bonne blague !) parce que lui s’est mis en tête que j’aurais encore un accouchement de 10 h au moins (dans ma tête, je m’étais préparée à un accouchement de 4-5h). Je prends le bain avec Mathilde, les contractions ne s’arrêtent pas et commencent à être intenses. Je touche mon col : il semble un peu ouvert, mais il n’est pas effacé. Il est 18 h 30. Je dis à chéri de prendre le relais. Je lui suggère aussi de préparer un sac avec les affaires de Mathilde pour qu’on aille la porter dormir chez la voisine. Il me dit que ce n’est pas la peine, il l’amènera demain de bonne heure à la garderie, pensant que j’accoucherai tranquillement le lendemain matin (la bonne blague !) Après l’accouchement, ma sage-femme m’a dit que ce réflexe d’éloigner Mathilde correspondait aussi à la fin de ma période de latence et au début du travail actif. C’est un des réflexes qu’on a de vouloir s’isoler… Donc je pars dans notre chambre faire un peu de ballon pour passer au travers les contractions. Je perds pied régulièrement, l’intensité augmente de façon exponentielle. Je me touche le col : il est complètement effacé et ouvert à au moins 3 ou 4 cm. Je dis à chéri d’appeler la sage-femme. Il est 19 h. Elle me parle alors et partage avec moi une contraction : elle me dit qu’elle saute dans sa voiture et arrive tout de suite, car à m’entendre, elle sait que c’est pour très vite. Mathilde me réclame pour le bisou à 19 h 20. Je vais entre 2 contractions l’embrasser. Quand je sors de sa chambre, je m’effondre à terre, une contraction ultraviolente m’a prise. Mon chéri, qui pense toujours que j’en ai encore pour des heures de travail, me dit d’arrêter de paniquer et de mieux prendre mes contractions parce que je ne me rendrai jamais au bout si je m’effondre déjà en début de travail (la bonne blague !) Mathilde est au lit, je retourne dans notre chambre, chéri s’active pour préparer le matériel : il met des sacs poubelles autour des oreillers, sort des draps et des serviettes, apporte des bols avec de l’eau chaude et des débarbouillettes. À chaque contraction, je suis sur mon ballon et j’appelle mon chéri pour qu’il vienne m’aider à les prendre. Je sens que ça pousse, c’est incroyable la pression que je ressens dans le bas du bassin. Mon chéri me dit de ne pas pousser, la sage-femme arrivera bientôt. Je débarque du ballon pour aller m’étendre sur notre lit, espérant que la gravité fera moins effet et ralentira cette descente. Vers 19 h 30, la sage-femme arrive. Une dizaine de minutes plus tard, la sage-femme secondaire arrive aussi (elles fonctionnent par paire, une pour le bébé et une pour la maman). C’est le signe que la naissance est imminente parce que la sage-femme secondaire n’arrive que dans la dernière heure de l’accouchement. Ma sage-femme ne m’examinera pas une fois durant le travail, elle aura tout juste le temps d’écouter le cœur du bébé. C’est moi qui me suis examinée à chaque fois ! Je suis tellement fière de ça, parce que j’ai vraiment participé activement et vécu chaque moment de mon accouchement. J’ai pu toucher tous les centimètres d’ouverture du col. J’ai pu toucher la poche des eaux bombée par la pression de la tête du bébé. Pendant que les sages-femmes installent leur matériel médical de réanimation et de soins, mes contractions sont toujours plus intenses. Je les vis avec mon chum, en essayant de le mordre. Comme il ne se laisse pas faire, j’essaie de me mordre (!), mais il m’en empêche. Les endorphines commencent enfin à se diffuser dans mon organisme et entre deux contractions, je suis dans une douceur paisible. Je savoure ces moments. Les contractions sont assez espacées (aux 3 minutes environ) et ne durent que 45 secondes. C’est bien différent de mon premier accouchement où les contractions duraient une minute en étant espacées d’une minute ! Vers 20 h, les sages-femmes sont installées. Ma sage-femme me demande de m’examiner à la prochaine contraction, elle a une surprise pour moi : je touche mon col, il est complètement ouvert et il ne reste plus que la poche des eaux à percer ! (ne me demandez pas comment elle sait tout ça sans m’avoir examinée, pour moi elle a un don !) À la contraction suivante, la poche des eaux est percée et je sens le filet d’eau libérateur. Bébé commence sa descente dans mon bassin. Je dis à ma sage-femme d’arrêter tout ça, le travail va bien trop vite, ça va faire mal au bébé. J’ai une pression tellement intense sur le rectum, bébé est aux portes de la vie à l’air libre. Je sens alors la contraction suivante qui arrive et, avec elle, l’envie de pousser. Je pousse 3 fois durant cette contraction : ma première poussée me fait vider ce qui restait dans les intestins (vite vite les sages-femmes changent le piqué sous mes fesses). Ma deuxième poussée amène la tête du bébé au bord de la vulve et la dernière poussée sort la tête presque au complet. À la fin de la contraction, la tête a envie de rentrer un peu : je supplie la sage-femme de retenir la tête avec ses mains pour qu’elle reste dehors. À la contraction suivante, la tête sort complètement et les épaules aussi. Ma sage-femme me demande alors de tendre mes bras pour l’attraper entre mes jambes. Je saisis ce petit corps tout chaud et l’amène sur mon ventre. Il est 20 h 32. En l’amenant contre moi, j’ai vu son sexe : c’est une petite fille ! Je le dis à chéri : c’est Léonie ! La sage-femme nous enveloppe dans une couverture qui était chauffée dans notre four. L’autre sage-femme aspire les sécrétions dans le nez du bébé. Peu de temps s’écoule avant que le placenta ne sorte. Je déteste ce moment de l’accouchement, où on a déjà tout donné, et où il faut donner encore pour expulser le placenta. Je n’ai pas déchiré, j’ai juste deux petites lacérations, donc je suis épargnée pour les points de suture ! Pendant la délivrance, Léonie se met au sein comme une grande. Elle a déjà la position parfaite pour sa bouche et ses lèvres sont bien retroussées. Quel bonheur que de retrouver ces belles sensations de l’allaitement, qui me manquaient depuis un an et demi ! Une fois l’expulsion terminée, les sages-femmes se retirent dans la cuisine et nous laissent en famille avec mon chéri et bébé Léonie. Les sages-femmes rangent toute la cuisine, car c’est le bazar, on a soupé, mais on n’a pas eu le temps de ranger. Elles font la vaisselle et partent une brassée de lavage. Un peu plus tard, la sage-femme secondaire vient nous montrer le placenta : celui-ci commençait à se calcifier, signe que c’était le temps que la grossesse s’achève. Vers 21 h 30, Mathilde se réveille. Chéri va la chercher dans sa chambre et lui dit que le bébé est arrivé. Elle vient voir Léonie dans les bras de maman et semble tout étonnée. Elle réclame d’aller se recoucher. Le lendemain matin, ses premiers mots seront pour demander où est le bébé. La sage-femme secondaire quitte l’appart vers 22 h et nous laisse avec notre sage-femme principale, qui s’occupe de la paperasse et des formalités de la naissance. Elle vérifie que tout va bien pour moi, qui suis dans une forme olympique : j’ai quand même fait une sieste de 2 h et j’ai soupé juste avant d’accoucher ! J’ai très soif et j’ai beaucoup bu, je vais aux toilettes en marchant 2h après avoir accouché, et ça ne fait même pas mal ! On mesure et on pèse Léonie : un beau gros bébé de 8lbs 7oz (3kg800) et 20 po et demi (52cm)! À 23 h 30, j’envoie mon chéri m’acheter une crème glacée Haagen-Dasz ! Il se rapporte de la bière : on a vécu une soirée émotive ! Il s’excuse d’avoir cru que je faisais du théâtre avec mes contractions ultraintenses, c’était vrai que ça faisait très mal, mon col s’ouvrait d’un cm aux deux contractions ! À minuit, ma sage-femme quitte l’appart et reviendra le lendemain vers midi pour voir que tout va bien. J’ai adoré accoucher chez nous, tout s’est déroulé dans un calme incroyable et de toute façon, le travail ayant été tellement bref, j’aurais été frustrée de me déplacer et vivre le stress de l’auto, déposer Mathilde chez quelqu’un, etc. pour finir à l’hôpital. J’ai adoré pouvoir dormir dans notre lit avec mon chéri et Léonie pour la première nuit. J’ai adoré que personne ne nous réveille et n’allume les néons à 3 h du matin pour me questionner sur le nombre de boires du bébé ou la couleur de ses selles. Et j’ai bien sûr adoré le suivi sage-femme, mais j’y étais déjà vendue depuis mon premier accouchement ! Nanou
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NanouQc, heureuse maman de Mathilde (3 ans) et de Léonie, née le 09/09/10!
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Quelle belle naissance........
J'adore le coup de ton homme de croire à du "cinéma" j'y ai eu droit aussi pendant mon premier accouchement (rapide lui aussi). Comme quoi, ils sont plutôt doués pour louper le train ![]()
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Karine et son troupeau de bébés Johan 16 mai 2007 Lillwen 28 décembre 2008 Alinoë né à la maison le 5 novembre 2010 |
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#3
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Nanou,
Que c'est bon de lire une aussi belle naissance!!! Bienvenue à Léonie!! Quels moments uniques et si magiques as-tu vécu lors de ton AAD, gravé intensément dans ta mémoire!!! bravo à toi et à ta petite famille!!! beaucoup de bonheur!!
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Sandrine, maman d' Eléa (19/05/2005), Anaë (17/02/2008) et Bébé Naël (10/07/2010) |
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#4
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Toujours autant d'émotions quand je lis le récit d'un AAD. Quelle belle naissance !
Bienvenue à Léonie et merci à toi de partager ce grand moment avec nous. Nany
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Nany, maman de 2 petits gars de 6 et 3 ans et d'une petite princesse née le 03 mai 2010. |
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#5
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Merci pour avoir partagé cette superbe naissance.
Que jaime les récits d'AAD, à defaut de pouvoir le vivre moi même!!!
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Ma merveilleuse, 22/03/09, allaitée 27mois, cododotée et portée. Ma princesse tanguy, 05/07/11, qui suit les traces de sa soeur. |
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#6
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Très beau récit, tant d'émotion
Merci pour ce partage |