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La naissance de Nils
Samedi 29 novembre 2008 : Aux toilettes, je constate que je perds des glaires de couleurs marron et rouge. Mais oui, c’est le bouchon muqueux, enfin je fais sa connaissance J ! Mon col travaille, doucement mais sûrement. Je caresse l’espoir de ne pas accoucher après terme, ma terreur du moment. Dimanche 30 novembre 2008 : 22h : Installée devant la télévision, je ressens une contraction dans le genre douleur de règle, très bas dans le ventre. Elle se reproduit 20mn après, sans plus d’intensité. Quelques autres suivent, sans régularité et de même force, comme celles qui ont pu survenir les semaines passées, de temps à autre. Je ne pouvais pas imaginer que j’allais accoucher puisque ça ne ressemblait pas au début du travail pour Tara, mais bien aux contractions classiques de fin de grossesse. 23h13 : Bon, même si elles ne sont pas franchement gênantes et fréquentes, ce serait bête qu’elles m’empêchent de m’endormir. Je dois être en forme pour le jour J ! Alors, je prends un spafon. 23h30 : David rentre du travail. Je lui dis que j’ai quelques contractions mais qu’avec le spasfon ça devrait passer. 23h45 : Surprise ! Le spasfon ne fait pas effet : les contractions s’intensifient. Je commence à y croire ! Je suis partagée entre soulagement (enfin, ça y est !) et peur : Vais-je tenir sans péridurale ? Ne vais-je pas aller à la maternité trop tôt ? 23h50 : David appelle mon frère pour le prévenir que c’est peut-être pour cette nuit. Mon frère ne répond pas (aïe aïe) mais nous rappelle 2mn plus tard (ouf !). Prévenus, Wilfrid et Lisa, sa femme, sont excités comme des puces et prêts à prendre le volant pour venir chez nous garder Tara. 23h58 : Là, je ne rigole plus. Je demande à David de noter les contractions. A chacune d’elle, je me lève et marche de la salle à manger, où je tente de m’intéresser au programme de la télévision (peine perdue !), vers la cuisine. Je prends mes granules d’homéopathie toutes les ½ heures, celles qui sont censées rendre les contractions plus efficaces et ouvrir plus vite le col. Allonger mon souffle ne me soulage pas, ce qui me convient ce sont des râles graves. David m’entend et se marre ! Je ne supporte pas sa moquerie et l’envoie balader. Comment peut-il rire de me voir ainsi ? Il ne pipe pas mot… Plus tard, il me dira que mes râles ressemblent à ceux des zombies dans Résident Evil, d’où son éclat de rire incontrôlé. Il sera pardonné. Lundi 1er décembre 2008 : 01h10 : David appelle mon frère et sa femme pour qu’ils viennent. Il leur dit tout de même de ne pas se presser… Pourtant, je contracte quasiment toutes les 2/3 mn depuis 1 heure mais je trouve que mes contractions ne durent pas assez longtemps pour justifier un départ imminent (la dingue !). 01h34 : David prépare les dernières affaires et cesse de noter la fréquence des contractions. Avec la douleur, je suis à prendre avec des pincettes et je fais comprendre au papa que je ne suis plus là pour les questions matérielles. Je gère toujours mes contractions en déambulant de la salle à manger à la cuisine, avec mes sons graves de zombie, mes gorgées de lait (j’ai toujours peur d’avoir faim plus tard), et mes granules. Mais il me tarde que Wilfrid et sa femme arrivent, je veux partir pour la maternité, les contractions sont trop fortes. 01h44 : Lisa et Wilfrid sont là. Curieusement, j’ai du répit pour quelques minutes, le temps de les embrasser. Là, mon frangin ne trouve pas mieux que de me dire « respire et décontracte-toi »… Je sais qu’il veut m’aider en me répétant ce qu’il a appris aux cours de préparation à la naissance avec sa femme, mais ça m’agace terriblement. Je n’ai qu’une envie : partir vite !!! Wilfrid aide à porter les bagages et prend l’ascenseur avec nous. David commence à parler à son beau-frère mais je ne le supporte pas ! Aimablement et poliment, je lui sors un « Ta gueule ! » et lui mords le blouson à pleine bouche, la contraction est trop forte. Mon frère remontera à l’appartement blanc comme un linge ! Le pauvre, dans 7 semaines, c’est lui qui assistera à l’accouchement de sa femme. Tout ce qui se passe autour de moi me dérange et m’insupporte… A partir de cet instant, je n’ai plus la notion du temps. Le trajet en voiture a dû durer un peu moins de 10mn, mais c’était terrible de rester assise ceinturée, moi qui n’avais que l’envie de marcher, marcher et marcher encore ! Heureusement, en pleine nuit, même à Paris 14ème, la route est fluide. Je lutte pour ne pas demander à David de me laisser sur le trottoir. Je songe sérieusement à prendre la péridurale à mon arrivée, si le travail n’est pas assez avancé car je ne peux en supporter davantage. A notre arrivée à la maternité, les contractions s’estompent. J’ai peur que tout s’arrête. Je comprends que lorsque je dois sortir de mon monde pour entrer en contact avec l’extérieur, mon corps fait une courte pause pour me le permettre. On part prévenir la sage-femme (SF). Là, je suis à nouveau happée par ma bulle. Les contractions reprennent très fortement et je m’enfuie, paniquée, dans les toilettes. Instinctivement je baisse mon pantalon et perds du sang. Je me dis que c’est bon signe, que ça avance. David m’y rejoint très inquiet. Il doit être 2h15 à peu près. La SF, une jeune femme, me pose quelques questions auxquelles j’ai du mal à répondre mais David est là pour pallier mes carences. Elle me demande de me déshabiller mais j’en suis incapable ! David m’aide à enlever mes bottes et pour le reste je ne sais plus trop… Elle m’ausculte, me fait bien mal et je le fais savoir. A partir de cet instant, je vais me faire entendre ! Je ne comprends pas de suite que je suis dilatée à 9… David voit que la SF panique un peu quand elle dit « Mais vous allez accoucher ! ». Vite, elle sort prévenir ses collègues et à son retour elle me voit gober mes granules. Interloquée, elle me demande ce que je fais. Je lui rétorque avec conviction « c’est de l’homéopathie et ça marche ! ». Elle me demande si je veux la péridurale. Je lui fais répéter l’état de ma dilatation et je me dis que ce serait trop bête d’abandonner si près du but. Je lui réponds avec véhémence « Non, pas de péridurale ! ». A sa tête, je vois qu’elle ne comprend pas trop ou du moins qu’elle n’a pas l’habitude de ce genre de réponse. De toute façon, je ne le sais pas encore et la sage-femme non plus, mais si j’avais dit oui l’anesthésiste n’aurait pas eu le temps de faire quoique ce soit pour moi. Nous nous dirigeons vers la salle de naissance. J’ai le temps de lui expliquer en chemin les raisons de mon choix (je peux parler très vite !). Je lui demande son prénom, pour créer un lien : Marion. Marion est assistée par une infirmière et une aide-soignante. L’équipe veut me perfuser, je panique un peu car je veux pouvoir continuer à bouger, tout simplement parce que rester statique est physiquement intolérable. Elle me rassure en me disant que je pourrais marcher, même si l’espace est limité . Je m’allonge sur la table et là je crie presque « Je ne veux pas accoucher dans cette position ! », « Je veux préserver mon périnée ! ». Marion, interloquée (bis !) me répond « Mais comment voulez-vous vous mettre ? ». Bonne question, dans ces conditions (salle d’accouchement classique) je ne me vois pas prendre la posture à 4 pattes , debout ou accroupie. Je panique 2 secondes et réponds « Sur le côté ! ». Encore quelques contractions et la poche des eaux se rompt. David passe du côté droit pour ne pas trop en voir, ayant déjà vu ce qui s’est répandu sur le sol. Je ne le regarde pas, je ferme les yeux, toujours pour rester dans ma bulle, le seul endroit qui me semble tolérable. Je reste seulement connectée par la voix à Marion. Je sors alors :« Désolée, j’ai envie de faire caca! » avant de réaliser que c’est le fameux réflexe de poussée !!! Oui, c’est bien un réflexe, une sensation irrésistible, impossible de passer à côté. Du coup, elles n’ont pas le temps de me perfuser (elles le feront après pour des raisons que j’ignore) et la SF qui voit la tête et les cheveux de mon bébé me demande de pousser. L’infirmière donne dans l’humour : « Il a des cheveux, pas comme le papa ! ». Je pousse comme me le demande la SF, peut-être un peu trop, car j’apprends plus tard que je déchire (superficiellement) sur cette 1ère poussée. J’essaie de m’écouter davantage, de me faire confiance car seule moi sait quand je dois pousser (merci à l’ouvrage d’Isabelle Brabant « Une naissance heureuse »). Mon corps fait une pause à ce stade mais je sais que cette latence arrive chez certaines femmes (toujours grâce au livre d’Isabelle Brabant). Je décide de ne pas pousser quand le réflexe n’est pas actif, et j’informe la SF lorsque je ressens cette poussée. « Poussez, poussez plus fort, encore, votre bébé remonte ! ». L’infirmière me donne la main pour m’encourager… Je lui broie sans m’en rendre compte mais j’apprécie énormément son geste car c’est bien à ce moment là que j’ai besoin d’aide. Mon bébé est tout proche. La poussée c’est une brûlure intérieure, qui vous ouvre et vous paraît infranchissable. Je me lâche complètement, déjà que je ne faisais pas dans la souffrance silencieuse. Je me fous bien de rester discrète et de ne déranger personne. Bien au contraire, j’hurle et je veux m’entendre et qu’on m’entende: le son me soulage, c’est sur lui que j’axe mes pensées, il faut que j’éloigne l’idée que c’est trop dur, que je n’y arriverais pas. Il faudra pousser plusieurs fois avant que Nils ne naisse, avec force de cris libérateurs. David me dira que ce n’était pas des cris de douleur, mais bel et bien de rage ! Nils sort de mon ventre et c’est un véritable soulagement. Il est 2h46. Mon bébé ne crie pas, comme sa sœur,et regarde le monde avec ses grands yeux clairs. Après de longues minutes de pause et de pleurs, Nils prend le sein et y restera accroché, apaisé, 1 heure. Nous allons rester presque 2 heures en peau à peau, en famille. David n’est pas traumatisé. Il est même fier de moi, admiratif, et cerise sur le gâteau il comprend maintenant mon projet d’accouchement. Cet accouchement rapide en 3 heures, environ 30mn (ça reste un mystère) une fois à la maternité lui convient tout à fait. L’écouter le raconter est d’ailleurs très drôle. Lui qui craignait de me voir souffrir est finalement très heureux de son déroulement (et pourtant il m’a vu …). Moi, je suis si heureuse d’avoir vécu ce dont je rêvais. Je suis fière de moi. Heureuse aussi de pouvoir déambuler dans les couloirs de la maternité 2h après, comme si de rien n’était, à la stupeur de la maman qui partage ma chambre. L’équipe aussi est étonnée de me voir aussi en forme. Un mot d’excuse pour la main rougie de l’infirmière ainsi que pour mes performances vocales. L’infirmière me répond que des femmes sous péridurale crient encore plus fort et que mon accouchement était formidable ! . L’équipe et moi nous remercions réciproquement. Maintenant, je peux profiter de mon petit bout pour qui j’éprouve un amour immédiat, entier, et sans retenu. Ce n’est plus le temps de la découverte, mais bien celui de la sérénité. FIN … et le début de ta vie, NILS !
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Tara 20 janvier 2006 & Nils 1er décembre 2008 Dernière modification par Liesse ; 21/01/2009 à 22h29. |
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ton accouchement me fait penser au mien! je ne voulais pas de péri, et quand la sage-femme m'a auscultée à mon arrivée, j'étais à 9 cm aussi... et je suis très fière de mon deuxième accouchement, réussi celui-là! bravo à toi aussi!
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Moi aussi ça me rappelle la naissance de ma dernière fille ! Je suis partie de chez moi à 5h30, et elle est née à 6h32 sans péri ! Je n'étais qu'à 5 en arrivant à la mater mais c'est allé super vite. C'est l'idéal quand ça se passe comme ça !
Bravo à toi ! Ravie tu aies pu vivre ça ! ![]()
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Armelle, maman de Hadrien (25/07/02), Nolwenn (23/03/06), Meredith (26/03/08) et William (08/12/09) |
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Ton histoire est tres captivante et je suis tres tres contente de lire qu une maman a pu accoucher complètement comme elle le désirait; c tellement rare!!!
Bravo et félicitations ![]()
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Ingrid, maman heureuse d'Oriane 10 ans, d'Elya 5 ans, d' Aelys 2 ans et Ezio né le 28/06/2011
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voila X fois que je passe au dessu de ce post, deux fois que je le lis dans sa totalité, une fois que je le fait lire a mon homme et a chaque fois des larmettes qui montent.
Cette histoire de naissance "sort du lot" de ce que j'ai pu lire avant, va savoir pourquoi...! Mais en tous cas je trouve que tu y mets une force d'une part et un humour (volontaire ou pas ?) d'autre part qui m'ont fait me regaler. J'ai souffert avec toi mais qu'est ce que je me suis marrée en te lisant!! j espere que toi aussi, avec du recul !!! ca restera un beau souvenir.... bonne et heureuse vie a vous bises noé |
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Waaaowww! chapeau! j'aimerai bien accoucher comme toi! pour ma fille je suis arrivée à la maternité ouverte à 5, malheureusement j'ai douillé pendant 8 longues heures pour qu'elle vienne au monde. Je n'avais plus de force après.
Là, mon accouchement est prévue pour février, espéront que ce soit plus rapide! je te souhaite beaucoup de bonheur avec ton bébé, profite bien! |
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Citation:
Merci beaucoup et ravie que ce récit, ce vécu, te touche autant. Je voulais vraiment que ça ressemble à ce que j'ai ressenti et à ce que je suis, je crois que j'ai réussi. Je voulais aussi montrer qu'on pouvait arriver à vivre son accouchement comme on l'entend, malgré les normes hospitalières, bref encourager les femmes qui veulent faire comme elles sentent, c leur acccouchement, leur enfant, leur vie!
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Tara 20 janvier 2006 & Nils 1er décembre 2008 |
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oui je trouve ca super! passer au dessus de certains protocoles aller versce qu on desie vraiment et ne pas selaiser aller a se faire porter par l'équipe, je toruve ca génial. Pour ma part j'ai accouché de mon premier fils a la maison etnotre second bébé, une petite fille devrait vivre la meme naissance. perso je ne sais pas si je pourrais sur le moment etre determinée et concentrée a ce que je fais, du coup je choisis la maison mais je trouve ca super courageux d'assumer son accoucheement comme tu l'as fait en structure hospitaliere, bravo ! je crois sincerement que si j avais ete a l hosto et qu on m'avait proposé la péri j'aurai dis oui a un moment donnée, d'ou mon espece dadmiration pour les femmes qui arrivent a vivre un accouchement naturel en structure...ca demande plus de cran qu'a la maison ou au moins on est sur de ne pas flancher parce qu 'on a pas le choix haha
a y reflechir je crois que ton accouchement me plait aussi parce que justement il n'a absoluement rien a voir avec le mien mdrrr j ai eu l'impression de lire une fiction c etait sympa si ca t interresse tu dois pouvoir le trouver que le post aad recap dans les dernieres pages, voir eme a la derniere... enfin je te dis ca comme ca c est juste que ca m'a fait drole de te lire allezje file au dodo ctte fois! bises noé bises et merci pour ce partage noé |
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#9
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M%erci beaucoup pour ton récit, tu as eu un très bel accouchement, l'accouchement que tu souhaitais, tu as su l'imposer !
Il me fait sur pas mal de points penser à la naissance de mon second fils Entre autres sur ton refus de la position allongée de manière autoritaire et sur tes cris de rage pendant la poussée que tu décris comme une brûlure intérieure. ET effectivement merci Isabelle Brabant ![]() |
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#10
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super ton recit j'adorerai egalement avoir un accouchements comme le tien , malheureusement pour ma 1ere arriver a l'hopital ouverture de 3 cm seulement donc au bout de 3 h de contractions a la maison et 4 a l'hopital j'ai craquee.
et pour ma 2eme declenchement a 8 h du matin 1ere contraction a 17h et les sages m'ont dis que pour accelerer la chose la peri serait mieux comme ca ils peuvent percer la poches de eaux et je les ai ecouterr , j'ai regretter. en tout bravo , je suis enceinte pour septembre et j'espere pouvoir le vivre. |