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#1
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Je ne sais pas si je vais y arriver mais on va tenter...
Bobonne, c'était mon arrière-grand-mère, c'est elle qui m'a élevée en bonne partie avec sa soeur. Elle a été là tout le long de sa vie maintenant un peu l'église au milieu du village dans notre "famille" un peu destroy sans aucun fondation stable, les générations étant très petites (15/16 ans). Ca a été la première personne qui m'a réellement aimée je pense et c'était mon repère en tout genre. Lorsque j'ai acheté ma maison avec mon ex-mari, j'avais prévu de la prendre avec nous pour finir ses vieux jours seulement faute de temps et d'argent, nous n'avons pas pû aménager la maison pour qu'elle y habite bien que sa chambre était prévue et la famille très chère m'a convaincue de renoncer à ce projet. Voilà le décor planté. 1996, je suis à la fin de ma troisième grossesse et sa santé fait plus que de se dégrader. Je prie le ciel pour qu'elle voit ma petite fille qui va naître, qu'elle soit là! J'accouche et elle est toujours en vie mais pour combien de temps? Elle n'est plus consciente et sous morphine, je ne peux pas l'appeler de la maternité, elle divague ses moments éveillés aussi. Je sors de la maternité et on fonce à la maison de retraite section médicale. J'arrive et nonnnnnnnnnnnnnn, je la crois réellement morte, pas maintenant, pitié!!!!!! Non, elle est endormie mais elle respire. Je la réveille doucement, mon ex-mari a un peu peur, elle n'est plus elle-même et nous raconte n'importe quoi. Je vivrai un moment unique avec elle parlant avec nos défunts comme si ils étaient présent dans la pièce. J'avais le choix de plonger avec elle ou de m'encourir terrorisée, j'ai choisi de rester. J'ai mis ma petite puce près d'elle et elle m'a dit : "ah, tu as accouché Joëlle" sauf que Joelle ce n'est pas moi, c'était ma tante enceinte également... snirf. Elle la trouvait belle et comme toujours elle a dit qu'on aurait dit un ange. Les jours ont passé et le téléphone à sonné 29 jours après la naissance de ma fille. Elle ne passerait pas la nuit. J'ai appelé mon ex en urgence qui a pû revenir dare dare garder les enfants pour que j'y aille. J'ai passé une partie de la nuit là-bas avec ma mère, mon beau-père et mon grand-oncle, le fils de ma bobonne. Elle divaguait, voulait du champagne que ma mère lui a trouvé et qu'elle a bu à la paille. Vers 5h du matin, j'ai dû partir pour allaiter ma fille, je devais revenir 2h plus tard. Je suis arrivée à la maison, j'ai nourri mon bébé totalement effondrée et on a frappé à la porte... c'était ma mère qui me suivait, c'était fini! Je suis persuadée qu'elle a attendu que je parte pour ne pas assister à son départ mais je me trompe peut-être. Dans la journée, j'ai vite compris que mon chagrin prenait le dessus sur tout le reste et je n'ai plus eu une goutte de lait. J'ai appelé une infirmière ONE/PMI qui m'a apporté du lait en urgence. J'ai oublié de vous dire aussi que...... nous étions le dimanche de la fête des mères, le 12 mai 1996!!!!!!!!!!! J'ai donné des biberons à ma fille durant les 3 jours précédants l'enterrement et je ne me souviens ........ de rien!!!!!!!!! Je me souviens de l'enterrement, de tout ce que j'ai fait près d'elle avant puisque j'ai été pas mal à la morgue, je lui ai mis des photos de mes enfants mais pour ma vie, elle était entre parenthèses. Je pensais que je ne pourrais plus jamais pleurer de ma vie tellement j'avais mal et que je pleurais mais je vous rassure, la vie m'a appris qui avait encore plus douloureux... J'ai vécu 15 jours dans mes albums photos en ne voyant plus rien autour, il le fallait! Une amie de ma mère touchée par mon état lors de l'enterrement a proposé de me prendre mes 2 grandes pour aller au cirque le lendemain de l'enterrement, merci à elle, je n'ai jamais oublié ça par contre! J'ai pû être seule avec mon bébé. Ca a été horrible le premier Noël sans elle, les premiers sourires de mes enfants suivant où j'avais envie qu'elle soit là et puis tout le reste. Si elle avait encore été de ce monde, certaines choses n'auraient jamais eu lieu aussi mais ça, c'est une autre histoire. Elle m'a protégée toute sa vie, merci à elle... Je pense qu'elle veille encore comme elle le peut de là où elle est et c'est ma façon à moi de la garder au chaud dans mon coeur. Je ne peux pas oublier cette douleur et chaque naissance, je pense à elle, ce qu'elle aurait dit... tous mes enfants ont le nez des nains ma bobonne hihi... Je suis ce que je suis en partie grâce à elle. La générosité c'était elle, les enfants c'était elle aussi... elle n'est pas loin! Ca fait atrocement mal car tous nos sens sont décuplés pendant la grossesse ou juste après mais il faut continuer, ainsi va la vie... Courage à toutes et de tendres pensées à ma chtite bobonne Fabienne |
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#2
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ton témoignage m'a touché...que dire de plus...
Sophie |
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#3
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Bonjour,
C'est mon père que j'ai perdu lors de ma première grossesse, mais je passe juste te dire (suis au boulot) que ton récit me touche beaucoup car je retrouve mon arrière grand mère, un pilier pour moi et ma famille de filles, d'ailleurs ma première fille porte son prénom en 3ème prénom Henriette. Elle me disait toujours : vis à fond, car la vie passe terriblement vite...Je comprends quand tu parles de repère... Courage à celles qui passent par le deuil... Sylvie |
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#4
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Coucou Lovlove,
C'est dur de te lire, pour moi ça ne fait que 3 mois que j'ai perdue mamie. Cléa avait 24 jours. Et tout avait commencé en septembre. Quel courage de pouvoir raconter alors que moi je n'y arrive pas et pourtant j'ai besoin d'en parler !!! Sandra |
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#5
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Citation:
bonjour Sandra...c'est pas un manque de courage...c'est simplement trop récent pour mettre un mot sur ta douleur... courage Sophie |