Récit de ma fin de grossesse et de mon accouchement dans la DOULEUR!!! |
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#1
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C'est le première fois que je m'autorise à en parler, c'est un
sujet dont j'ai du mal à parler car c'est encore très douloureux. Par contre je risque d'être longue..... Donc,en 2006, je suis une maman de 2 garçons et enceinte d'une petite fille:que du bonheur sauf que le 17 mars, mon papa est hospitalisé d'urgence pour décompensation de son cancer du foie que l'on a appris en décembre... Mon mari fait une formation sur Paris et est absent tous les vendredis et samedi matin, et le 17 mars est un vendredi, donc en catastrophe je téléphone à mes beaux parents pour savoir si je peux dormir chez eux avec les enfants parce que j'habite à 60km de chez mon papa et eux sont à 20mn. C'est ok,donc j'arrive aux urgences à 20h30 accompagnée par ma belle mère (avec qui je m'entends très bien), et là c'est le choc, mon papa est dans un semi coma, il me reconnait tout juste et replonge aussitôt dans le coma, je suis demandée en entretien avec l'urgentiste parce qu'il ne connait pas trop le dossier de mon papa et je suis infirmière et très au courant de sa maladie. Après notre discussion mon papa est hospita- lisé dans le service de gastro où il est suivi. Je suis alors enceinte de 7 mois..Le lendemain je retourne à l'hopital pour discuter avec le medecin qui le suit pour savoir ce qu'il en est: "soit il reste dans le coma et ne se réveille jamais, soit il se réveille mais on ne sait pas pour combien de temps.S'il se réveille se sera dans les 48h".Parfois le temps passe vite mais là ça a été très long. Finalement mon papa se réveille tout doucement, à mon grand bonheur, j'aimerai tellement qu'il voit sa petite fille.Le medecin est malgré tout assez pes- simiste mais croit que mon papa va tenir le coup justement par rapport au bébé. Donc la vie continue malgré tout et toutes les semaines je fais la route pour aller voir mon papa et en même temps faire la préparation à l'accouchement puisque je vais accou- cher dans l'hopital où il est.Il part en convalescence dans un maison de repos parce qu'il va mieux, mais dans la nuit du 12 au 13 avril il fait une poussée de fièvre à 40°, il lui font des examens et je fais la route pour parler avec le medecin de nouveau, il pense à une bronchite et il sera réhospitalisé le 14 avril à l'hopital, jour de ma 37sa. Donc le lendemain je refais le trajet, j'ai mal au ventre, j'ai des contractions mais n'en parle pas c'est pas le moment. Et quand j'arrive à l'hopital, ce fameux vendredi (je hais les vendredis), mon papa n'est pas bien du tout, je parle avec l'interne qui me confirme ce que je pense...c'est la fin. Mes enfants sont à l'école, mon mari est à Paris, je suis à l'hopital et mon père va mourir....Je suis enceinte de 37sa, j'ai mal au ventre et je suis dans un sale état.Mais les choses s'organisent, mon mari revient de Paris et s'occupe des enfants, moi je vais voir la sage femme parce que j'ai très mal au ventre et il ne faut pas que j'accouche, donc elle me donne des suppos de je ne sais plus quoi qui me soulagent( mon col est fermé). Toute la famille est là et supporte mal de le voir comme ça donc je fais l'intermédiaire avec les infirmières et le médecin pour que mon papa soit soulagé (puisque je suis du milieu je sais ce qu'il faut faire pour qu'il ne souffre pas), donc ils le mettent sous morphine.... Mon papa décède dans la nuit du vendredi au samedi à 2h20. Mais le matin dès 9h nous voilà devant les pompes funèbres pour organiser la sépulture, je suis la seule à connaitre ses dernières volontés. Il sera incinéré le jeudi suivant sans cérémonie religieuse et je récupère les cendres pour les disperser le samedi , en présence de ses frères et soeurs.Je suis alors enceinte de 38sa. C'est violent et très dur à vivre, il ne connaitra jamais sa petite fille..... Je suis épuisée par toute l'organisation qui tourne autour de tout ça, mais il faut que j'arrive à me reposer pour la naissance à venir et je n'y arrive pas j'ai l'esprit ailleurs. Le lundi suivant j'ai RV chez le gynéco, je lui explique brièvement ce qu'il m'est arrivé et je lui dit que je ne supporte plus ce bébé dans mon ventre.Je veux qu'il sorte, je n'en peux plus. Je suis donc déclenchée à 39sa et 3 jours si le col est favorable parce que malgré tout ce qu'il m'est arrivé le col est toujours fermé. Je suis donc déclenchée par maturation du col, mais le travail ne se met pas en route à 21h toujours aucune contractions,mon mari repart s'occuper des garçons.Je suis contrariée, je ne supporte plus ce bébé dans mon ventre et je ne sais pas pourquoi mais il faut qu'il sorte.La sage femme me met sous monitoring et finalement j'ai des contractions mais au départ je ne les sent pas, à 23h les grosses contractions sont là et je perd du sang, la sage femme m'ausculte je suis à 4 cm, j'appelle mon mari à 0h qui a 1h de route.Il doit emmener les gars chez la nounou avant de venir. On m'emmene en salle de travail, elle me prépare pour la péri mais les contractions sont très fortes , la poche des eaux se rompt, et c'est l'horreur j'ai très mal je suis dilatéé à 9 trop tard pour la péri. Je pousse un fois deux fois et la petite est là, mon mari arrive quand on me la pose sur le ventre, elle est née à 1h40, petite Louise. Je ne sais pas si je dois être heureuse ou pas, 15 jours avant mon papa mourait.Je pleure, je pleure et pleure encore Les suites de l'accouchement ont été difficile, le placenta n'était pas complet j'ai donc eu une révision utérine sous anesthésie générale (puisque j'ai pas eu la péri). Le jour de la sortie la suture d'épisio à lachée, j'ai fait une infection donc 10 jours d'antibio et par la suite j'ai fait des infections urinaires à répétitions et j'ai eu 3 mois d'antibio et malgré tout ça j'ai réussi à allaiter ma puce. Malgré tout ça la vie continue et je me raccroche à ma puce et mes garçons, mais ce n'est pas toujours rose. Sophie |
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#2
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Sophie, nous avons le même prénom et une histoire similaire. Comme toi, mon papa n'a pas connu son petit fils et n'a même pas su que c'était un garçon car, nous voulions garder la surprise...J'ai néanmoins eu plus de chance que toi car mon accouchement également déclenché s'est super bien passé...J'espère que soutenue par ta famille, tu te battras pour te sentir bien.
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#3
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Merci Sophie, j'ai lu ton histoire qui n'est pas facile non plus.
Je ne pense pas avoir fini le deuil de mon papa, c'est encore très douloureux d'en parler, et d'ailleurs j'en parle assez peu. Ce qui est dur aussi se sont mes enfants qui ont besoin d'en parler, le deuxième qui va avoir 5 ans, a seulement réalisé la semaine dernière qu'il ne reverrai plus jamais son papy, j'ai fondu en larmes avec lui, il a eu beaucoup de chagrin, et il a demandé à regarder des photos, c'est difficile de faire son propre deuil et en plus d'accompagner ses enfants dans ce concept qui est difficile à comprendre pour eux. Mon papa était le seul à savoir que nous attendions une fille, comme je le savais malade, et comme je savais qu'il garderai le "secret" nous lui avons dit. Je te souhaite plein de courage pour la suite et il faut s'accrocher à nos enfants. Sophie |
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#4
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Bonjour Sophie. Ton deuil est tout récent et c'est normal que tu pleures. Moi, j'ai mis 3 ans et demi à m'en remettre donc, il faut faire preuve de patience...C'est vrai qu'avec les enfants c'est pas toujours facile. Nous n'avons jamais caché à Yann que son grand-père était décédé...on disait qu'il était parti loin et qu'il ne reviendrait jamais... Cet été, on était dans la voiture pour aller chez ma mère et là, d'un coup il nous dit.. "Papy est parti loin ca veut dire qu'il est mort. C'est pour ca que je suis triste..." Ca m'a fait bizarre de l'entendre dire ça..mais je pense que ca m'a fait du bien aussi...
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